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L' agenda

  • Le samedi 13 mai 2017 Conseil d' administration de 9h30 à 12h30 au Centre Œcuménique Saint Marc à Grenoble.
  • Le samedi 21 mai 2017 vente d'artisanat à Bonne (Haute Savoie)
  • Le samedi 1er juillet 2017 Assemblée Générale de l'association à Morestel

 

Séjour au Cambodge...janvier-mars 2017

 

Septième et dernière semaine

 

 

Samedi 25 février :

 

 

La veille du départ de Blandine et Didier, pour le dîner, ils ont fait des achats de nourriture cambodgienne près du marché et ont rapporté des boulettes de poisson, des brochettes de gésiers, des nems et des raviolis, de la soupe et bien sûr du riz. Tout cela dans des barquettes de polystyrène avec les sachets de plastique contenant les sauces appropriées. Sans oublier les fruits locaux : pommes de lait et sapoutilles. Le départ de la maison s’est fait en touk-touk le samedi après-midi. Seulement 15 jours au Cambodge, c’est vraiment trop juste !

 

 

Dimanche 26 février :

 

 

Nous avons rencontré Ravy, un jeune qui travaille à Phnom Penh dans un centre de jeunes sourds-muets de l’ONG Mariknol. Ces jeunes ont de 15 à 18 ans et sortent du centre avec une formation professionnelle : coiffure, esthétique, couture, cuisine, réparation de ventilateurs, hôtellerie, soudure, etc. Ils sont mis à niveau en lecture et mathématiques et sont aidés pour leur installation. Ils communiquent en langue des signes, mais il y a 2 sortes de langue des signes, celle du Cambodge et le braille. Il existe d’autres centres à Kompong Cham et Kampot. Celui de Phnom Penh a 32 élèves. Au Cambodge, il y aurait 15 000 sourds et muets.

 

Lundi 27 février :

 

A notre demande, Touch a organisé une réunion avec les autorités locales de Sarikakeo dans la bibliothèque. Le maire n’était pas disponible car on approche des élections municipales qui auront lieu en avril. Etaient présents, le premier adjoint (ancien directeur de l’école de la Wat Svay en retraite) qui a dirigé la réunion, les chefs des village de Taskor et Kdey Kandal, un conseiller municipal, l’adjoint du directeur de l’école de Taskor, le moniteur de « Mille et une fontaines », le bonze bibliothécaire, Anne-Marie, Maud, Thibaut et nous. Nous avons abordé les points suivants : la station d’eau potable, les écoles, les toilettes-douches, le centre de santé et le CET ou bibliothèque tous publics (le point le plus délicat).

 

Pour la station d’eau potable, la présence des 2 conseillers municipaux et la proximité du moniteur de « Mille et une fontaines » portent leurs fruits. La livraison des bidons de 20 litres est passée de 60 à 80 bidons en peu de temps. L’employé qui s’en occupe est sérieux. La production pourrait atteindre 100 bidons. Seul problème les commerçants qui ont des dépôts de bidons voudraient faire plus de bénéfice. Un bidon est vendu 1800 riels aux familles et 1500 riels aux commerçants. Ces derniers voudraient les vendre 2500, mais ce sont les plus pauvres qui seraient lésés, car, pour certains la livraison avec la charrette ne peut se faire chez eux parce que les chemins sont trop mauvais.

 

Pour les écoles, les travaux de restauration des salles de classe sont terminés à Sarikakeo. Il reste à arranger les trottoirs devant les classes. Notre demande de faire prendre en charge le salaire des institutrices de maternelle par l’éducation a été rappelée.

 

Pour les toilettes-douches, les chefs de village nous remercient vivement et suivent les quelques toilettes pas encore terminées (moins de 8). Touch aimerait qu’il y en ait encore une centaine de nouvelles dans cette zone. Un conseiller a même dit qu’à Sarikakeo « maintenant l’air sent bon ».

 

Pour le centre de santé, nous avons parlé de la demande d’agrandissement du bâtiment d’accouchements et de toilettes proches. Le panneau solaire doit être réparé parce qu’il sert à l’ordinateur du centre.

 

Pour la bibliothèque, nous avons demandé au bonze la fréquentation. Seulement quelques collégiens viennent et pas du tout d’adultes. Les écoliers de l’école de Taskor toute proche ne peuvent plus venir parce qu’un mur a été construit et ces élèves ont une bibliothèque scolaire à leur disposition, mais pas pendant toutes les récréations. Des livres prêtés ne sont pas revenus. Nous avons appris que le chef des bonzes ne veut plus qu’il soit bibliothécaire. D’où la question posée à la commune : faut-il trouver quelqu’un et que la municipalité participe plus à son salaire ? Ou bien fermer la bibliothèque ? Le principal problème posé est la dégradation de l’environnement par les enfants non scolarisés qui cassent et salissent tout autour (en particulier le panneau solaire). C’est à la commune de trouver des solutions. Les conseillers doivent y réfléchir.

 

Le matin, comme nous avions une demi-heure d’avance, Anne-Marie est allée voir les institutrices de maternelle de Taskor. Celle qui est enceinte était absente parce qu’elle était tombée de sa moto à cause d’un chien. Heureusement elle n’a rien de grave, mais l’autre institutrice a assuré le travail des 2 classes.

 

Après la réunion nous avons fait un passage rapide chez Philippe Ammeux. Il m’a donné 200 $, suite à la visite de Michel Rémillon avec un groupe de sa région (nord-est de la France). Il va bientôt recevoir l’ancienne présidente du Rotary de Sarrebourg. Comme ce Rotary a fait une importante collecte d’habits, Philippe en donnera à Nouvelles Pousses. Touch aidera Philippe pour la visite des toilettes-douches construites grâce à ce Rotary.

 

Mardi 28 février :

 

Le dernier jour du mois, Thibaut et Touch viennent chez Anne-Marie pour rendre compte de leurs dépenses. Anne-Marie donne à Touch l’argent des bourses d’études, son salaire, le salaire des institutrices et les avances pour les travaux. Maud vient aussi donner ses comptes.

 

Pour nous c’est une journée consacrée à la rédaction du compte-rendu final.

 

Mercredi 1er mars :

 

Nous sommes allés dans les agences des 2 banques où arrive l’argent de Nouvelles Pousses : FTB et CMK pour ajouter 2 signatures, celle de Philippe Ammeux qui gère déjà l’ONG DRC (Développement Rural Cambodge) et habite au Cambodge, et la mienne. Il était dangereux de laisser à une seule personne, Anne-Marie, l’accès aux comptes puisque Gilberte n’est pas au Cambodge actuellement. D’autant plus que le compte de FTB n’est pas au nom de Nouvelles Pousses pour des problèmes de déclaration de l’association au Cambodge. Comme il m’a fallu 3 photos d’identité, j’ai trouvé une boutique dans mon quartier qui m’a fait 8 photos (avec un CD) pour 1,5 $.

 

Nous avons ensuite déjeuné avec Philippe au « Romdeng » et acheté quelques journaux à « Monument Books » puisque la librairie française ne les avait pas reçus.

 

Jeudi 2 mars :

 

Thibaut a fait la consultation des malades cardiaques et diabétiques à Sarikakeo et donné les médicaments. Pour nous c’est une nouvelle journée à la maison pour travailler sur le diaporama 2017, le compte-rendu final, ainsi que la préparation de la réunion d’équipe.

 

Vendredi 3 mars :

 

C’est la consultation des malades chroniques dans la zone de Kandal Steung par Thibaut. L’après-midi, pendant la réunion d’équipe, nous avons abordé tous les sujets et fait avec Maud le point sur les travaux effectués et à venir. Nous avons aussi parlé de l’augmentation des institutrices de maternelle, de la conduite à tenir pour la bibliothèque, d’une expérience de foyer amélioré avec des briquettes en noix de coco, de la venue des compagnons cet été, de l’épargne à proposer aux jeunes, d’aide à une nouvelle école au sud de Sarikakeo, d’une journée de sensibilisation au ramassage des ordures, etc.

 

La grande nouvelle de la journée est que Thibaut va rester 2 ans au Cambodge. Okoun traeun ou merci beaucoup.

 

La journée s’est terminée par un bon repas chez Anne-Marie et l’anniversaire d’une des jeunes lycéennes. 

 

Samedi 4 mars :

Ce soir, ce sera le repas annuel avec les jeunes filles dans un restaurant du quartier. Elles vont se « mistifriser » avant de sortir et bien rigoler.

Dimanche 5 et lundi 6 mars :

Demain, nous ferons nos bagages en essayant de tout faire tenir et en tenant compte des 23 kg accordés pour chacun d’entre nous. Une valise est déjà prête.

Lundi nous serons à midi et demi à l’aéroport pour un voyage de plus de 24h en tenant compte des arrêts.

 

 

Sixième semaine

 

 

Samedi 18 février :

Sur la dernière photo de compte rendu de la cinquième 5ème semaine, il y a un jeune (avec sa famille et Touch) qui a été opéré 2 fois d’une grosseur à une jambe. C’est Micheline Galzin qui a payé la deuxième opération. Il a maintenant arrêté ses études et travaille comme maçon avec son père, mais il est souvent fatigué.

Une journée « cool » occupée à quelques tâches ménagères (lessive, nettoyage), envoi de mails et du compte-rendu de la cinquième semaine.

 

Dimanche 19 février :

Le dimanche est le seul jour où nous pouvons voir les enfants du foyer « Enfants d’Asie » et les étudiantes.

En début d’après-midi nous sommes allés chercher les 4 qui sont au foyer, la fille et le fils de Chun Path, Srey Touch et Tola, (leur grande sœur Kosal est rentrée au village) et les enfants dont la grand-mère est morte en les laissant seuls, Srey Keov et Davit (de 13 à 8 ans). Nous avions été autorisés par le nouveau directeur à sortir les enfants sans un animateur. Nous avons déambulé dans le marché Olympique. Les 2 garçons voulaient un costume avec des dessins très « flash » genre superman. Les prix étaient exorbitants au début et une marchande a accepté de baisser de 9 à 6 $ l’un. Srey Keov voulait une montre. Nous en avons trouvé une qui lui plaisait à 3 $. Quant à Srey Touch, elle voulait une paire de chaussures qu’elle n’arrivait pas à trouver. Quand elle a vu celle qu’elle souhaitait sur les pieds d’une marchande de chaussures, cette dernière nous a emmenés chez un vendeur et, après plusieurs essais pour la taille, elle a pris la paire souhaitée. Nous avons acheté des biscuits, du jus de canne à sucre, et nous sommes rentrés au foyer. Nous avons discuté avec l’animatrice khmère qui travaille aussi au lycée Descartes et qui parle bien français. Srey Touch fait beaucoup d’efforts en classe, elle veut être traductrice en anglais. Mais pour Srey Kov, c’est la catastrophe, pas un sourire, même quand la marchande lui a mis la montre au bras. Anne-Marie nous a dit que sa maman était revenue au village avec son nouveau mari et qu’elle ne reprend pas ses enfants. Nous pensons que c’est la raison pour laquelle elle va mal et qu’elle est en colère après le monde entier. Il faudrait qu’elle voie un psychologue.

Nous sommes repartis dans la voiture d’Anne-Marie jusqu’au foyer de l’AFS (Association Française de Solidarité), dans le quartier Teuk Thla, plus près de Phnom Penh Thmey, où la directrice et 2 étudiantes nous attendaient. Nouvelles Pousses prend en charge leurs 4 ans d’études. Ce sont des jeunes pauvres du district de Kandal Steung. L’une fait des études d’administration et l’autre de tourisme. L’animatrice donne des cours de français à PSE et a la charge du foyer de 24 jeunes filles. Le mois prochain, elle s’occupera en plus du foyer de garçons attenant avec 23 étudiants. C’est Pénélope Ward qui parraine celle qui étudie le tourisme. Elles peuvent correspondre en anglais. Nous avons visité le foyer qui comporte 4 chambres, avec des lits superposés, dont une très grande avec balcon. Les foyers sont 2 compartiments chinois côte à côte, mais les jeunes ne se retrouvent qu’au moment des fêtes.

 

Lundi 20 février :

 

L’attente de l’arrivée du bus en provenance de Sihanoukville (ramenant Blandine et Didier de leur virée touristique) a été très longue puisqu’il a eu plus d’une heure de retard. Blandine, Didier et moi nous avons juste eu le temps de visiter le Palais Royal avant la fermeture pendant que Jean-Louis rentrait en touk touk avec leur valise.

 

Mardi 21 février :

 

Après la visite du mémorial du génocide de Choeung Ek à environ 15 km au sud-est de Phnom Penh, nous sommes allés directement à PSE sans Jean-Louis. Mais, pas de chance le restaurant « Le lotus blanc » était fermé parce que les jeunes de formation professionnelle étaient en vacances pour une semaine après leurs examens. Nous avons eu le même guide qu’avec les jurassiens, le directeur de la communication.

 

Mercredi 22 février :

 

La visite médicale de Pos Thom a été très particulière parce qu’il y avait 3 infirmiers, Thibaut, Emilie et Didier. Emilie auscultait et posait les questions traduites par Touch ou Anne-Marie, Didier l’aidait, en particulier pour les prises de tension et, Thibaut, après discussions à 3, préparait les médicaments. 22 personnes ont été vues, dont 10 enfants et 3 bébés de 3, 4 et 11 mois. A part le jeune de 23 ans qui a un problème cardiaque en attente d’opération et une dame opérée récemment du cœur que Thibaut suit régulièrement, pas de cas difficile. Plusieurs petits ont eu des antibiotiques pour des affections respiratoires.

 

Pendant la visite, Jean-Louis a retrouvé Maud pour un rendez-vous à Phnom Penh avec l’association française GERES (siège à Aubagne). Celle-ci a de nombreuses activités de recherche et de conseils dans les domaines liés à la protection de l’environnement, aussi bien en Asie qu’en Afrique. Au Cambodge, ils ont amélioré les foyers traditionnels pour limiter leur consommation (foyers améliorés) et ont mis au point de « briquettes » à base de bois de noix de coco qui sont moins onéreuses que le charbon de bois (et qui limitent la déforestation). Ils ont aidé les artisans de Kampong Chnang (potiers) à s’organiser pour la vente des foyers améliorés et ont aidé à la création d’une unité de production des briquettes en liaison avec PSE. Ils travaillent aussi à diminuer la consommation en bois des briqueteries (pour la construction), des usines de textiles et des fabricants de sucre de palme.

 

Nous avons pris le bac vers 13h pour aller déjeuner tous ensemble au « Romdeng », restaurant de l’association Friends, sans Anne-Marie qui a préféré rentrer parce qu’elle avait du travail.

 

Ensuite nous avons fait un petit tour au marché central avec Blandine et Didier. Et nous sommes rentrés à la maison après avoir pris au passage le fils de Poly, notre chauffeur, à la maternelle.

 

Jeudi 23 février :

 

C’est dans le village de Preah Puth, district de Kandal Steung que s’est déroulée la nouvelle séance de sensibilisation au brossage des dents et des mains, chez monsieur « Légumes ». Nous avons aidé personnellement cet homme à faire son puits pour cultiver des légumes et c’est resté la plaisanterie rituelle de Jean-Louis parce qu’il n’a jamais fait pousser de légumes. Touch a mené la séance en faisant participer  la plupart des enfants et aussi des adultes dont un homme « monsieur Grenouilles », connu par Nouvelles Pousses depuis longtemps. La plus jeune fillette de maternelle était très inquiète, sans doute par notre présence, et elle s’est détendue après notre départ en repartant chez elle (avec sa brosse à dents et son dentifrice) sur son vélo à roulettes. J’ai oublié de dire que toutes ces séances ont lieu le jeudi parce que les enfants sont en congé. En même temps nous avons pu voir la construction de la première des 10 toilettes douches prévues dans cette zone (phase d’amélioration du modèle construit dans la zone de Sarikakéo et test avant de chercher le financement pour environ 200 exemplaires chez les familles les plus pauvres). Touch avait commandé le matériel et plusieurs hommes avaient fini de creuser et installé les buses.

 

Ensuite nous sommes allés voir les travaux dans l’école de Tean. Deux portes anti-termites ont été achetées par Touch et les maçons ont commencé la chape de ciment de la première classe sur les 2 prévues. Les grilles des fenêtres sont repeintes en bleu. Nous sommes aussi allés à l’école de Rolouos pour rencontrer le sous-directeur qui aimerait faire fonctionner la bibliothèque scolaire, mais le responsable de l’éducation du district ne veut pas nommer un instituteur qui s’en occuperait à plein-temps comme dans l’école de Taskor. Ce sous-directeur utilise la bibliothèque une heure par semaine avec sa classe.

 

Tous les 4, Blandine, Didier et nous, avec Maud et Touch sommes allés à Siem Reap, (pas la ville proche des temples d’Angkor, mais une commune du district de Kandal Steung) rencontrer Im Sareun qui a monté le CKN (Center Kram Noy) qui forme des jeunes à l’électricité, l’électronique et les automatismes. Le centre est en pleine campagne et de nouveaux bâtiments ont été construits depuis l’an dernier, dont l’un est destiné au séchage des poissons dans des machines dont nous avions vu le prototype l’an dernier. Avec le premier centre situé à Phnom Penh, une trentaine de jeunes sont formés chaque année. Ils sont internes, du niveau bac. S’ils n’ont pas réussi le bac, ils peuvent le repasser pendant leur première année au centre. L’an dernier 6 sur 6 ont été reçus. Les jeunes internes ont une  vie très intense à partir de 6h du matin. Les cours ont lieu plusieurs fois par jour, le dernier de 20 à 22h. Ils font aussi des travaux concrets en plus de l’électricité, comme de la maçonnerie, de la soudure, etc.

 

Nous avons déjeuné avec Sareun et fait la visite des bâtiments. Il aimerait avoir de l’eau potable à partir de l’étang qui est sur son terrain. Maud va se renseigner sur les différentes possibilités pour obtenir de l’eau potable.

 

Vendredi 24 février :

 

La visite médicale pour les enfants des maternelles de Taskor a été retardée parce que 2 nouvelles institutrices ont remplacé celles qui ont été renvoyées par le directeur. Nous sommes arrivés vers 9h. Touch avait inscrit les noms de tous les enfants d’une des 2 classes, 23 enfants de 5 ans et 7 de 4 ans dont 15 filles en tout. Il y avait 6 absents. Blandine les mesurait et les pesait, puis Emilie examinait la gorge, les dents, regardait les ganglions et prenait parfois la température. Didier et Thibaut écoutait le cœur, la respiration et décidaient s’il fallait donner un traitement. 2 enfants ont eu des antibiotiques. L’institutrice de l’autre maternelle a amené une fillette de sa classe qui souffrait d’une oreille. Elle avait une grosse otite qui a nécessité un traitement. Thibaut doit la revoir. Jean-Louis est allé voir le CET vers 9h30. Il était fermé (alors qu’il devait être ouvert jusqu’à 10 h). Après la visite médicale, nous sommes allés voir la station de production d’eau potable. L’employé était en train de charger la charrette de bidons pour la vente à domicile. Nous avons ensuite vu le centre de santé. Il y avait 2 bébés qui venaient de naître et une maman en train d’accoucher. 33 enfants sont déjà nés en février. Au retour, après un passage au Lucky pour acheter des spécialités cambodgiennes (sucre de palme, vin de palme, mangues séchées, etc.), nous avons retrouvé Maud, Thibaut et Emilie pour manger tous les 7 au marché russe. Pour terminer, nous avons acheté une deuxième « fournée » d’artisanat pour les ventes en France.

 

Cinquième semaine

 

 

Samedi 11 février

 

Nous avons déjeuné chez Paul et Micheline Galzin, nos amis de très longue date. Ils louent un appartement qui donne sur le quai Sisovat (photo de la semaine 4) avec vue sur le Tonlé Sap et le Mékong). Paul termine sa mission de construction de la troisième station d’eau potable au sud de Phnom Penh. Il y a un autre projet de station, mais il n’est pas sûr d’avoir le contrat. Soit il commence sa retraite et rentre définitivement à Bordeaux, soit il en a pour encore pour 5 ans au Cambodge.

 

Dimanche 12 février :

 

Nous avons appris qu’un prêtre cambodgien, le père Som, vient de retrouver son frère disparu au moment de la dispersion des familles dans les campagnes par les khmers rouges en 1975. Sa famille l’a cherché longtemps sans succès. Leur récit est très émouvant.

 

Le matin j’ai rencontré Srey Net et sa petite sœur chez Anne-Marie. Srey Net m’a serrée de toutes ses forces dans ses bras tellement elle était contente et m’a même embrassée. C’est rare pour une khmère.

 

Blandine, notre fille aînée, et Didier, notre gendre, sont arrivés l’après-midi. De retour à la maison, ils ont déposé leurs bagages, puis nous les avons emmenés au marché du quartier pour acheter quelques légumes. Pour Didier, c’était un dépaysement total.

 

Lundi 13 février :

 

Nous sommes allés au musée national tous les quatre retrouver Micheline Galzin qui nous a servi de guide. Elle nous a expliqué les différents royaumes, préangkoriens et angkoriens, les religions depuis le brahmanisme et l’indouisme jusqu’au trois sortes de bouddhismes actuels, les divinités, leurs attributs, leurs montures et leurs avatars. C’était passionnant ! Nous avons rencontré le conservateur de ce musée, Bertrand Porte, dans la réserve attenante au musée. Il nous a montré une statue volée par les américains dont on a retrouvé très récemment le socle. Cette statue de taille importante est en cours de reconstruction. Il y a actuellement un sérieux problème de pigeons qui dégradent l’intérieur du musée car ils sont nourris par les passants devant le Palais Royal.

 

Nous avons ensuite déjeuné à « Friends » et fait un tour dans la boutique d’artisanat pour rapporter des colliers en tissu ou métal. Au retour nous avons pris les billets de Blandine et Didier pour leur départ à Siem Reap.

 

Mardi 14 février :

 

La visite médicale a eu lieu à Kdey Kandal, dans la commune de Sarikakeo chez une dame qui reçoit souvent les visites médicales et que nous connaissons bien. Celle-ci a récemment été réopérée du cœur pour n’avoir pas suivi son traitement. Christian Gerbes, de retour de France, a examiné 26 personnes, dont 12 enfants pour des problèmes de rhino-pharyngites en raison de la période fraîche. Un jeune de 24 ans a été envoyé le jour-même à l’hôpital Calmette pour des problèmes cardiaques sérieux. Les parents ne l’avaient pas emmené voir un cardiologue après l’avis du médecin au cours d’une consultation précédente. Christian et Touch ont beaucoup insisté auprès des 2 parents pour l’emmener le plus vite possible. Deux personnes âgées ont aussi été vues, une dame de 86 ans et un homme de 79 ans (papa de Tchum Path décédé il y a un an). Deux jeunes enfants ont été soignés par Thibaut pour des plaies à la jambe et au pied. Le garçon était tombé de vélo et avait plusieurs blessures et la fillette avait plein de plaies infectées sur une jambe. Ils ont beaucoup pleuré et sont repartis avec un bonbon et de beaux bandages qui seront très vite souillés dans la terre. La maman (ou la grand-mère) devra bien laver les plaies au savon, mais Thibaut les reverra dans quelques jours. Après la visite Anne-Marie et Touch ont parlé avec une jeune de 14 ans, orpheline, (la fille de Chum Path) qui vient de quitter le foyer « Enfants d’Asie » parce qu’elle ne voulait plus continuer l’école. Elle est avec ses grands-parents et s’occupe des enfants de sa tante. Elle a pleuré quand on lui a parlé de formation professionnelle et veut rester dans sa famille. La seule crainte que nous avons, c’est qu’elle aille travailler à l’usine car elle a des papiers qui indiquent qu’elle a 17 ans, alors qu’elle n’en a que 14 ou 15. Puis nous avons déjeuné tous les 7 dans un petit restaurant de Taskor. Avant de partir nous sommes allés voir les trottoirs devant les classes de l’école de Taskor. Avec l’argent d’Experian, il a été décidé que tout un côté de cette école va être refait ainsi que le trottoir devant les 3 classes refaites de l’école de Pos Thom que Maud et Jean-Louis sont allés voir pendant la visite médicale. En même temps nous avons dit à Touch et Maud que 2 classes de l’école de Tean peuvent être restaurées.

 

Maud suit les travaux avec Touch. Elle s’assure que les projets qui ont été prévus dans le cadre du don d’Experian sont bien effectués. Elle voit avec Touch les aménagements nécessaires de ces travaux car certains prévus ne sont pas nécessaires ou il faut revoir les montants prévus (par exemple pour la remise en état des puits forages de Kandal Steung où les travaux seront moins importants que ceux programmés). Elle classe les factures que nous devrons remettre à Experian (elles sont nombreuses) et prend les photos pour montrer les réalisations. Par ailleurs, Maud continue à contacter les organismes de micro crédits pour trouver une solution viable au surendettement de nombreuses familles et d’autres ONG avec lesquelles on pourrait travailler. Elle a mobilisé une dizaine de jeunes des foyers d’Enfants du Mékong pour participer à une journée « ramassage des déchets » avec l’ONG Cake.

 

Mercredi 15 février

 

Nous avons appris que le jeune envoyé hier à l’hôpital Calmette devra être opéré du cœur.

 

C’est la journée de l’envoi du compte-rendu de la mi-séjour à tous les adhérents et sympathisants de Nouvelles Pousses qui ont une adresse internet.

 

Le soir nous avons dîné chez le couple de volontaires retraités qui habitent dans notre quartier pour leur présenter comment l’association a été créée. Ils donnent des cours d’anglais aux jeunes filles logées chez Anne-Marie. Ils viendront vendredi à la visite médicale.

 

 

 

 

Jeudi 16 février

 

Nous avons invité Madame Thhaï, la maman de Makarar, mon professeur de khmer de Grenoble, à venir à Sarikakeo. La réunion de sensibilisation au brossage des dents devait avoir lieu dans le quartier pauvre où avait eu lieu notre première visite médicale à Taskor. Comme Marie-Claude et Hubert Macé (association Good Fun) faisaient une distribution de cadeaux dans l’école de la Wat Svay et que les enfants étaient tous allés à l’école, même un jour de congé, Touch a dû changer le lieu. Nous sommes allés plus au sud, dans un endroit, au bord du Mékong, où les enfants vont dans une autre école. Douze enfants ont été rassemblés sur l’escalier d’une maison et Touch a posé les questions sur le brossage. Plusieurs enfants étaient déjà informés par leurs instituteurs. La séance s’est déroulée avec la mâchoire comme la fois précédente. Puis, il y a eu le lavage des mains. Madame Thhaï avait apporté des brosses à dents données dans des hôtels avec des tout petits tubes de dentifrice.

 

Ensuite, nous avons fait une halte dans l’école aidée par les Macé. Ils venaient de distribuer 400 sacs en tissu bleu avec du matériel pour l’hygiène aux élèves et aux enseignants (savon, brosse, dentifrice, shampoing). Puis pendant la visite de l’école de Taskor, le directeur et le sous-directeur nous ont montré la bibliothèque qui a besoin de nouveaux livres, le bureau du directeur restauré et une classe de maternelle. Il y avait peu d’enfants, mais les présents ramassaient les papiers et les déchets dans la cour de l’école. Comme le CET (Centre d’Education pour Tous) était fermé, Touch a envoyé un garçon chercher le bonze responsable. C’est, paraît-il, ouvert de 8h à 10h et il était 10h30. Les livres sont rangés, mais il y a de la poussière sur toutes les tables. Maud a fait une petite interview de moi pour le film commencé par Tanguy, avec des livres d’enfants en fond. Nous avons encore vu la station d’eau potable, mais le tracteur de livraison était en panne. Enfin, passage éclair au centre de santé pour voir le bâtiment des accouchements, mais après 11h c’est fermé. Retour à Phnom Penh chez Madame Thhaï, près du marché russe. Nous avons déjeuné chez elle avec son fils qui est avocat des droits de l’homme et sa belle-fille. J’en ai profité pour acheter de l’artisanat.

 

Vendredi 17 février :

 

La visite médicale de Kandal Steung s’est déroulée en présence du couple de volontaires, Antoine et Josy, d’une infirmière, copine de Thibaut, Emilie, qui a donné un coup de mains à Christian et Thibaut. Sur les 30 personnes examinées (dont 7 enfants), plusieurs patients ont nécessité pas mal de temps : une jeune fille de 20 ans a eu une anesthésie locale pour une piqûre douloureuse au sternum afin de faire disparaître une cicatrice récidivante, une dame d’une quarantaine d’années tuberculeuse, un homme avec une boule de graisse derrière l’oreille qu’il a fallu inciser, et surtout un homme de 54 ans avec un mélanome qui est insoignable. A l’écart, avec Touch et Anne-Marie pour la traduction, Christian a annoncé à sa femme qu’il était perdu. A la fin des visites, Touch a dit à Jean-Louis que ce monsieur a compris parce que sa femme n’a pas pu s’empêcher de pleurer. Un frère de Vanna, 15 ans, (Vanna est celle qui nous reçoit) avait une grosseur à un pied et toute la famille est très inquiète parce qu’il y a quelques années un autre frère est mort d’un cancer osseux à la jambe. Autrement quelques enfants ont eu des antibiotiques pour des affections respiratoires et une fillette a été soignée pour de l’impétigo.

 

L’après-midi, Jean-Louis est allé récupérer nos passeports et Anne-Marie l’a emmené en voiture chercher l’imprimante qui est enfin réparée.

 

Quatrième semaine

 

 

Samedi 4 février :

 

Hier Anne-Marie est allée à l’hôpital Central pour voir une dame de 39 ans, mère de 3 filles (12, 8 et 6 ans) qui allait être opérée du cœur en urgence. Pour bénéficier d’aides il faut qu’elle aille à l’hôpital Calmette et ensuite l’association Jérémias prend en charge tous les examens ainsi que l’hospitalisation. Seule l’opération sera facturée. Anne-Marie et Thibaut ont réussi à mettre les 2 chirurgiens en contact et à transférer le dossier à Calmette. Anne-Marie va faire un appel pour récolter de l’argent en France pour l’opération sur le compte du COC (Cœur Ouvert Cambodge) car il ne reste que 1 600 $ et l’opération doit s’élever à environ 4 500 $.

Ce matin, aidée de Thibaut, elle a réussi à faire transporter cette dame à l’hôpital Calmette, mais la famille a dû emprunter pour payer les 450 $ d’examens à l’hôpital Central. Cette dame a déjà été opérée il y a plusieurs années, mais elle avait des médicaments à prendre à vie. Comme elle allait mieux elle a arrêté de les prendre. C’est très fréquent au Cambodge.

L’après-midi, Anne-Marie est allée en voiture avec Jean-Louis porter les 2 imprimantes à réparer, dont une achetée en juillet encore sous garantie. Pendant ce temps, j’ai gardé la maison en l’absence de Sokha, de Savy et des lycéennes.

 

Dimanche 5 février :

 

Thibaut avec Sokha ont organisé la « fête de Nouvelles Pousses » comme chaque année, mais à l’insu d’Anne-Marie. C’est à l’occasion de son anniversaire, et cette année, de celui de Savy. Touch est venu avec Annette, sa femme et son plus jeune fils. Maud, de retour de congés, était malade. Nous étions 18 avec les jeunes filles, dont l’une était absente pour passer un examen. Sokha avait préparé avec les jeunes un beau buffet et des petits toasts avec du pain de mie grillé et du saucisson pour l’apéritif. Nous avions apporté des glaces et des gaufrettes. Après le traditionnel « Happy birthday to you », nous avons remis les cadeaux. Anne-Marie a eu un pyjama, Sokha aussi, Savy un tee-shirt. Les filles ont reçu un petit sac avec savonnette, brosse à dents et dentifrice. La famille de Touch a aussi eu des cadeaux rapportés de France. Touch nous a ramenés dans sa voiture en repartant avec sa famille et Thibaut parce qu’il est dangereux de se promener la nuit.

 

Lundi 6 février.

 

Triste nouvelle, la dame qui devait être opérée du cœur est morte dans la nuit. François Ponchaud va aider la famille face aux dettes contractées pour la soigner. Il faudrait vraiment que les cardiaques qui ont eu une opération et doivent prendre des médicaments à vie en comprennent l’importance. Nous avons eu très récemment le cas d’une ancienne opérée de Kdey Kandal (aidée par Nouvelles Pousses) qui a dû subir une nouvelle opération pour la même raison.

 

D’après Thibaut et les deux chirurgiens cardiologues, cette dame n’aurait sans doute pas supporté l’opération. Seule consolation, son mari est resté auprès d’elle jusqu’à la fin.

 

Mardi 7 février :

 

Je suis allée avec Sokha au marché O Russey acheter du tissu pour faire faire une petite veste pleine de poches à Jean-Louis. Près de chez nous, il y a un atelier de couture Komiso qui forme des jeunes de faible niveau (fin de l’école primaire) à certains métiers. Nous avions visité ce centre de formation il y a plusieurs années et nous y avions envoyé 2 jeunes pour la coiffure.

 

Maud et Thibaut sont venus chez nous préparer le calendrier des prochaines semaines : les rendez-vous à prendre, les dates des visites médicales, des réunions de prévention dentaire, etc. Nous avons déjeuné ensemble dans un petit restaurant du quartier pour 1,25 $ chacun.

 

Mercredi 8 février :

 

L’imprimante de Gilberte et Anne-Marie n’est pas réparable, mais Anne-Marie ne pense pas qu’il faut en acheter une nouvelle parce qu’elle est peu utilisée. Nous sommes allés chercher celle de Nouvelles Pousses soit disant réparée. Heureusement le réparateur a voulu nous montrer sa bonne marche, mais elle n’a pas démarré. Nous l’avons laissée en disant qu’elle est encore sous garantie et que nous n’aurons rien à payer parce que le réparateur nous a dit que certaines pièces n’étaient pas garanties.

 

Jeudi 9 février :

 

Tous ces jours-ci, Jean-Louis a passé de nombreuses heures pour mettre à jour le fichier de nos adhérents et sympathisants. Il doit comparer le fichier de « wanadoo » utilisé en France et le fichier « yahoo » utilisé au Cambodge. Ces fichiers comportent plus de 300 personnes.

 

Vendredi 10 février :

 

Avec Maud nous avons rencontré Hok Sotik, responsable du SIPAR (association qui a plus de 25 ans et qui a été créée pour aider le Cambodge à sa reconstruction culturelle depuis les camps en Thaïlande) Le SIPAR a aidé à la construction de CET communaux (Centre d’Education pour Tous), de nombreuses bibliothèques de lycées et de collèges. Maintenant c’est l’éducation nationale qui gère ces bibliothèques dans les établissements scolaires. Ces dernières années, le SIPAR a eu des financements de l’AFD (Association Française de Développement) et de l’UNESCO pour créer des bibliothèques dans les prisons. Pour les courtes peines, des cours de remise à niveau avec des enseignants intervenant en prison ont été mis en place. Tout dernier projet réalisé depuis quelques mois : la création de bibliothèques dans les usines pour les ouvrières du textile. Certains patrons ont accepté d’installer sur le lieu de travail une bibliothèque. Pendant leur pause-déjeuner d’une heure, les ouvrières ont un quart d’heure pour aller emprunter jusqu’à 3 livres. Il y a aussi des cours de soutien pour celles qui deviennent chef d’équipe à raison d’une heure par jour sur leur temps de travail. Le SIPAR a 8 bibliobus qui passent dans les villages. Celui photographié a été acheté grâce à la fondation Saint Exupéry.

 

Comme chaque année nous sommes allés à l'office de l'immigration pour l'extension de notre visa d'un mois.

Fin janvier, pendant le nouvel an chinois, la femme du directeur de l’école de Pos Thom a été renversée par une moto dont le conducteur allait très vite et était ivre. Elle a été tuée, mais son petit enfant qu’elle avait dans les bras n’a pas été blessé.

Troisième semaine

 

 

Samedi 28 janvier :

 

Au cours de la première journée à Kampot, avec 2 touk-touk dont l’un des chauffeurs parlait anglais, nous avons visité des marais salants, puis la grotte de Phnom Chhnork accessible par un escalier de 203 marches dans laquelle a été construit un petit temple de briques du VII ème siècle dédié à Shiva. Cette caverne est aussi impressionnante qu’une cathédrale gothique. Les concrétions faisaient apparaître des animaux (tortue, cochon, oreille d’éléphant, etc.). Nous avons longé le lac Secret (construit par les khmers rouges pour alimenter les canaux d’irrigation) pour atteindre une plantation de poivre. Le guide, formé à PSE, parlait très vite et était difficile à comprendre. Il nous a expliqué la cueillette sélective des baies. Les rouges d’abord sont cueillies entièrement mûres, mais peu nombreuses, et donnent le poivre rouge. Puis les autres presque à maturité et séchées au soleil donnent le poivre noir. Le poivre blanc qui coûte 60 $ le kilo est tiré des fruits mûrs, débarrassés de leur écorce dans l’eau. La plantation que nous avons vue vend sa première récolte. Elle a les labels AOP et AB, mais on a acheté seulement un kilo de poivre noir à 40 $. Le poivre des oiseaux est le plus cher parce que les grains sont ramassés dans les crottes des oiseaux (5$ les 10 grammes). Nous avons fait un tour dans la plantation avant de faire nos achats. Au retour nous avons vu un village de pêcheurs musulmans.

 

Dimanche 29 janvier :

 

Avec 2 nouveaux chauffeurs, nous avons longé d’autres marais salants, puis fait un circuit aménagé par une ONG chargée de la réhabilitation de la mangrove. Ensuite, dans Kep, nous avons pu voir les restes de maisons coloniales occupées par les français avant l’arrivée des khmers rouges, la plupart très délabrées. Le repas de crabes au poivre de Kampot au bord de la mer (golfe de Thaïlande) a été un moment très apprécié. Nous avons assisté à l’activité des pêcheurs qui ramenaient les casiers au marché pour vendre leurs crabes. Ensuite nous avons été coincés dans un embouteillage monstre pendant plus d’une heure, Marie-Claude, Liliane et moi. Ceux qui ont suivi la côte à pied nous ont attendus pendant une heure et le chauffeur du deuxième touk-touk était très énervé et a accéléré le retour à Kampot. Le plus intéressant a été de voir toutes les familles pique-niquer sur des nattes, le long de la baie, à même le trottoir et à touche-touche.

 

Lundi 30 janvier:

 

Retour à la maison avec les 2 mêmes chauffeurs que le vendredi. Nous avons mis un peu moins de 3 heures. Le calme régnait dans notre quartier et on ressentait une ambiance de vacances avec les tables installées dans la rue pour le repas du soir.

 

Mardi 31 janvier :

 

Nous avons fait la visite de 2 écoles du district de Kandal Steung, 3 de nos accompagnateurs, Anne-Marie et nous, précédés par Touch en moto. Marie-Claude ne se sentait pas bien et a préféré rester à la maison. Comme l’année dernière, la bibliothèque de l’école de Tean est condamnée à cause des termites et les livres ne sont pas utilisés. Cette école où nous avons restauré 3 salles semble bien marcher. En mars Touch s’occupera de la restauration d’une autre salle avec l’argent d’Experian. Dans la classe de maternelle, nous avons vu Srey Ka, la fillette qui a été opérée du cœur au Vietnam tout bébé A l’école de Preah Puth, nous avons pu voir le directeur et les enseignants. L’institutrice de maternelle était présente, contrairement à l’année dernière lors de notre visite. Nouvelles Pousses l’aide avec un parrainage parce qu’elle est veuve avec 5 enfants dont le dernier a la tuberculose. Elle va une fois par mois avec son dernier fils à l’hôpital en laissant sa classe. 52 enfants sont inscrits dans sa maternelle, elle semble complètement dépassée. Jean-Louis pense que le directeur est alcoolique. Cette année, les toilettes fonctionnent parce qu’elles ont été débarrassées des termites, mais la plaque de propreté du puits n’est pas bien entretenue. Cette école donne une impression de laisser-aller.

 

Nous avons vu quelques puits en état de marche et rencontré quelques familles aidées par Nouvelles Pousses. Touch a tenu à nous montrer en parallèle certaines familles très travailleuses ou des femmes seules qui s’en sortent et d’autres dans la misère qui continuent de s’enfoncer. Le problème de l’alcoolisme reste préoccupant. La maison de Vanna, chez qui nous faisons la plupart des visites médicales de Kandal Steung, s’est encore améliorée. La famille de Srey Net est toujours dans les difficultés. Srey Net qui travaille à Phnom Penh rentre tous les soirs pour s’occuper de sa maman, très alcoolique. Elle a vendu sa vache pour s’acheter une moto. Ses 2 frères travaillent de temps en temps et nous avons trouvé l’un des garçons en train d’arroser le nouvel an avec des copains. Leur petite sœur est scolarisée à PSE. Une famille que nous avons aidée pour construire un puits nous a offert plein de mangues vertes et du jus de canne à sucre. La maman de Srey Vi (Srey Vi a eu 8 enfants et plusieurs maris, bien connue de Nouvelles Pousses et aidée depuis longtemps) nous a donné un fruit du jacquier.

 

L’après-midi, nous sommes allés chez Anne-Marie apporter un morceau de comté, des chocolats et des médicaments laissés par nos amis. Sokha nous avait préparé des beignets aux petits maïs. Les jeunes filles se sont présentées et Jean-Louis a pu faire une photo de groupe demandée par Gilberte.

 

Mercredi 1er février :

 

En début d’après-midi, les 4 jurassiens se sont envolés pour la France. Ils ont emporté beaucoup d’artisanat et, nous l’espérons, un bon souvenir du Cambodge, malgré la chaleur qu’ils ont trouvée fatigante.

 

Jeudi 2 février 

 

Nous avons rencontré François Ponchaud, entre 2 séjours hors de Phnom Penh, déjeuné avec lui et discuté de la politique française et des futures élections. La revue de presse mensuelle est maintenant faite en Suisse par une femme qui s’est proposée et qui reçoit Cambodia Daily.

 

Vendredi 3 février :

 

Visite à Anne-Marie pour chercher à réparer les 2 imprimantes. Résultat, il faut les emporter au magasin qui les a vendues. Jean-Louis a pu décoincer la porte de la pièce de Nouvelles Pousses qui ne pouvait plus du tout s’ouvrir. Il faudra remplacer la serrure. Nous sommes restés déjeuner, avec un bon dessert fait par Sokha.

 

Cette semaine a été calme, à part la visite de Kandal Steung. Nous avons bien profité du nouvel an chinois dans le sud et échappé à tous les baffles assourdissants de notre ruelle. Comme Maud a pris une semaine de vacances, Thibaut quelques jours, la reprise est prévue pour lundi.

 

                                                                                       Marie-Laure, rédactrice en chef

 

                                                                                    Jean-Louis, relecture et mise en page

 

Deuxième semaine

 

 

 

Samedi 21 janvier :

 

Nous avons fini le compte-rendu, mis à jour les listes d’envoi, et imprimé tous les rapports de Maud pour les lire ou relire. Jean-Louis fera le point avec Maud.

 

Dimanche 22 janvier :

 

Jean-Louis et moi nous avons été invités à déjeuner , en l’absence de Gilberte, chez Anne-Marie et Sokha avec un couple de médecins, Jacques Biloque et sa femme en mission dans une ONG qui scolarise des filles très pauvres au sud de Phnom Penh, dans les environs de Takmao. Elle s’appelle Happy Chandara et accueille une centaine de filles à partir de 6 ans. Récemment une classe de bac a été ouverte. Si j’ai bien compris, chaque fille a 3 parrains qui donnent 30 $ chacun par mois. Ce médecin s’est rappelé avoir participé à une visite médicale de Nouvelles Pousses et avoir rencontré Etienne. Les jeunes filles hébergées chez Anne-Marie et Gilberte sont toutes lycéennes, 3 en seconde, 4 en première et 3 en terminale, elles ont déjeuné à part parce que certaines n’étaient pas encore rentrées à l’heure où nous avons commencé. Nous avons apporté quelques petits extras pour fêter l’anniversaire d’Anne-Marie.

 

Lundi 23 janvier :

 

Nos amis sont rentrés à Phnom Penh à 5h30 du matin après un deuxième voyage de nuit. Ils ont trouvé l’hôtel très accueillant, les guides très intéressants (un pour chaque journée de visite des temples) et le prix très raisonnable parce que les patrons de l’hôtel, un français et sa femme khmère, prennent en charge les guides et les moyens de transport et donnent la note à la fin du séjour. Il n’y a donc rien à négocier. Le troisième jour ils ont fait la promenade en bateau sur le Tonlé Sap, vu les villages sur pilotis et quelques espèces d’oiseaux. L’après-midi, nous avons fait une balade dans notre quartier du côté du grand centre de jeux (Chanka Phrinh) qui marche surtout les vendredis et samedis en fin de journée et de la pagode du quartier, la Wat Samrong Andeth.

 

Mardi 24 janvier :

 

La visite médicale s'est déroulée à Taskor dans un endroit très pauvre, près d’un canal, où des gens ont été relogés suite à l’éboulement du fleuve. Nous avons fait de nombreuses toilettes-douches dans ce coin. En l’absence de Christian, Thibaut a examiné 23 personnes dont 9 enfants (d’environ 1 à 10 ans). Comme chaque année à cette période il a trouvé plusieurs rhino pharyngites, une fillette de 10 ans avec un important abcès dentaire qui devra aller à l’école dentaire de Phnom Penh, un jeune garçon avec une hernie ombilicale qui doit être opérée, une fillette avec des boutons sur les fesses que Thibaut a prise en photo et un bébé avec un gros ventre dont la maman devra surveiller les selles. Pour les adultes, plusieurs rhino chez des femmes fiévreuses et fatiguées, un homme de 81 ans qui avait mal partout (sans doute des rhumatismes) et un autre de 68 ans presque aveugle, mais qui a déjà été opéré de la cataracte. Thibaut a donné parfois des antibiotiques, du paracétamol et des vitamines aux personnes les plus fatiguées.

 

Pendant la visite Jean-Louis et Maud ont rencontré Serge Théolleyre, détaché de Schneider, entreprise d’électronique de Grenoble. Avec un autre salarié de la même société ils aident Im Saroeun, directeur de CKN (école de formation aux métiers de l’électricité et de l’électronique) dans l’organisation de l’école. Avec lui, ils ont visité l’unité de production d’eau potable de Taskor pour voir les possibilités de collaboration entre CKN et Mille et une Fontaines pour demain (concepteur et constructeur de la station). Jean-Louis lui a demandé de faire un devis pour la remise en état des panneaux solaires du centre de santé et de la bibliothèque municipale. La visite a aussi permis, grâce à la présence des responsables de 1001 Fontaines, de constater que la vente de bidons marche assez bien (60 bidons par jour) avec l’implication d’une famille qui travaille sérieusement. Il doit être possible d’atteindre la vente de 100 bidons par jour. Les trois ont fait une tournée de distribution de 28 bidons dans le village.

 

Au retour, nous avons fait un arrêt à l’école de Pos Thom où 3 classes vont être restaurées ces jours-ci. Comme les enfants étaient sortis, nous avons vu seulement le directeur et les ouvriers en train de poser le carrelage. Vendredi Anne-Marie avait donné à Touch 3000 $ pour l’achat des matériaux et pour payer les maçons. Les ouvriers venaient de repeindre les volets.

 

 Mercredi 25 janvier :

 

 

Anne-Marie et moi, avions rendez-vous le matin chez un chiropracteur au centre de Phnom Penh. Nous y sommes allés en touk touk avec Marie-Claude qui a mal à une cheville et avons poursuivi jusqu’au Marché Russe. Pendant ce temps, Jean-Louis, Maryse, Liliane et Daniel nous ont rejoints avec 2 bus. Au début il faut faire une demi-heure de marche, puis prendre le bus 3 qui vient de l’aéroport jusqu’au Marché Central et ensuite le bus 1 qui prend le grand boulevard Monivong traversant Phnom Penh et encore un quart d’heure de marche jusqu’au Marché Russe, mais ils ont attendu une heure la correspondance. Nous nous sommes retrouvés chez la marchande d’artisanat qui nous connaît très bien depuis plusieurs années. Cette expérience n’est pas à faire si on est pressé. Après les achats nous avons déjeuné au marché et retour à la maison en touk touk pour 4 et en bus pour Daniel et Jean-Louis qui ont fait un détour par la grande poste.

 

 

Jeudi 26 janvier :

 

Nous sommes allés sans Jean-Louis visiter PSE (Pour un Sourire d’Enfants). Comme nous n’avions pas prévenu, la jeune guide parlant français n’était pas disponible, nous avons visité avec le responsable de la communication, un franco-khmer qui est né en 1975, 2 jours avant l’arrivée des khmers rouges dans Phnom Penh. Il a vécu en France, fait des études et travaillé à Air Bus à Toulouse. Il est rentré depuis 6 ans au Cambodge. Comme chaque année nous avons vu l’ensemble des bâtiments et les nouveautés. Maintenant il y a un grand internat pour les étudiants, les petites maisons qu’ils occupaient avant sont devenues des résidences pour les volontaires. Une garderie pour les enfants des femmes qui travaillent à PSE (souvent des mamans d’enfants scolarisés à PSE) a été mise en place. De nouvelles formations ont vu le jour : électricité, plomberie, maçonnerie. Nous avons eu beaucoup d’explications sur le fonctionnement et avons appris qu’il y a 700 employés à PSE et que chaque employé donne mensuellement de 1 à 10 $ à PSE suivant son salaire. Notre guide pense qu’avec l’arrivée de Trump au pouvoir, beaucoup d’écoles privées internationales installées au Cambodge auront moins d’aides et du mal à se maintenir.

 

 

Vendredi 27 janvier :

 

Nous avons décidé de passer 3 jours à Kampot pour éviter le nouvel an chinois (photos) dans notre quartier (l’expérience de l’an dernier nous ayant montré que trois jours de musique avec des haut-parleurs au maximum devait être évité !). Le patron de l’hôtel « L’auberge du soleil » à Kampot, nous a donné le numéro de téléphone d’un taxi qui est venu nous chercher chez nous. Nous avons mis presque 3 heures pour faire le trajet. La visite de Kampot est assez rapide car c’est un lieu très touristique avec de nombreux restaurants, hôtels et guest-house, quelques anciennes maisons coloniales décrépites et un pont construit par les français en mauvais état, mais une très belle esplanade le long de la rivière qui rappelle la promenade des Anglais. Le plus amusant : le patron de l’hôtel est un jurassien suisse de Biene et la plupart des menus sont à base de fromages (fondues, raclettes, etc.), mais, avec la chaleur ce n’est pas très tentant. La soirée du nouvel an chinois a été beaucoup plus supportable que l’an dernier parce que le karaoké en face de nos chambres s’est arrêté à 22 h et était moins assourdissant.

 

                                                                                    Marie-Laure, rédactrice en chef

 

                                                                                    Jean-Louis, relecture et mise en page

 

 

Première semaine

Le voyage

 

Partis de Septmoncel jeudi matin, nous avons déjeuné chez Maurice et Francine Salmon à Montrevel, pas très loin de Bourgoin, laissé notre voiture et avons été emmenés par Francine à l’aéroport où nous avons retrouvé nos 4 accompagnateurs, Daniel et sa femme Marie-Claude, Liliane et Maryse. Départ à 19h de Lyon et arrivée à Paris une heure plus tard, puis embarquement vers 23h dans un Boeing 777 d’Air France (nos billets étaient émis par China Southern Airlines) pour 11h de vol jusqu’à Guangzhou (ex Canton) en Chine. Là, nous avons évité une longue file d’attente de plusieurs centaines de personnes grâce à la barbe blanche de Jean-Louis. Une hôtesse nous a fait sortir pour contrôler nos passeports et nous envoyer dans le grand hall des boutiques « duty free » où nous avons pris notre dernier vol à 21h30 (heure locale) avec du retard et atterri à 23h30 (vol de 3 heures avec décalage horaire). A Phnom Penh, les démarches pour avoir notre visa ont été un peu longues. Nous avons trouvé tous nos bagages (sur le même vol, en 2016, nous n’en avions qu’un sur six !). Anne-Marie et Sokha nous attendaient à la sortie. Nous avons chargé tous nos bagages dans la voiture et le touk touk, puis rejoint notre maison. Le temps d’installer nos moustiquaires, il était pratiquement 2 h du matin.                        

 

Samedi 14 janvier

 

Journée de récupération et de rangement. Notre maison, sur 3 étages, est la même que l’an dernier. Seuls changements : des meubles fermés dans la grande pièce du rez-de-chaussée et un lit sur la grande terrasse du toit, où Jean-Louis va fumer sa pipe.

 

Nous avons pris notre premier repas au marché et l’après-midi nous avons rendu visite à Anne-Marie et commencé à vider nos valises (papillotes, fromage, saucissons).                                         La maison (même vue qu’en 2016)

 

Dimanche 15 janvier

 

L’après-midi, Anne-Marie, Jean-Louis et moi, nous sommes allés au foyer « Enfants d’Asie » rencontrer les 5 enfants placés par Nouvelles Pousses : les 3 orphelins de Chum Path et 2 enfants dont les parents sont partis et la grand-mère décédée. Nous leur avons apporté de petits cadeaux et discuté avec la volontaire française, Charlotte. Les directeurs du centre, un français et un khmer, sont nouveaux parce que l’ancien est parti brusquement en emportant l’argent des enfants. Marivy est maintenant infirmière dans ce foyer et nous a expliqué que les 3 plus jeunes enfants vont avoir un suivi psychologique. Nous contacterons un des directeurs pour demander de pouvoir sortir avec les 3 filles et les emmener acheter des habits au marché un dimanche. Pendant ce temps, nos 4 accompagnateurs ont fait un tour dans Phnom Penh en touk touk.

 

Lundi 16 janvier

 

Pendant la réunion d’équipe nous avons passé en revue toutes les actions de Nouvelles Pousses : la santé, l’éducation avec la formation des 2 nouvelles institutrices de maternelle, les bourses d’études, les micro-crédits avec tous les problèmes d’endettement des familles, les projets et travaux à effectuer, et quelques rendez-vous à prendre. Toutes les compresses et divers petit matériel médical envoyés par Ombeline sont arrivés dans la « chambre de Nouvelles Pousses ».

 

Pour la formation des deux nouvelles institutrices de maternelle

février ou du 4 au 29 septembre), il a été décidé de proposer la première session à l’institutrice qui est enceinte de 2 mois et la deuxième à l’autre parce qu’elle se passe pendant les vacances. Il faudra chercher une 3ème institutrice pour faire le remplacement de celle qui attend un bébé pendant sa formation et pendant son congé de maternité. Anne-Marie, Touch et le directeur choisiront une jeune femme qui a le bac et qui va commencer le plus tôt possible. Une formation de « Krousar Yeung » coûte 220$ et il y a 3 sessions. Les institutrices sont logées et elles peuvent manger dans une sorte de self à proximité. Par contre elles ne sont libres que le dimanche.

 

Mardi 17 janvier

 

Maud, volontaire depuis septembre, a fait le point avec un échantillon de 5 familles surendettées et a pris un rendez-vous avec le directeur de la banque CMK (Crédit Mutuel Kampuchea), Him Yuthika, pour voir comment étaler les dettes et empêcher les familles de tomber dans une plus grande pauvreté. Nous avons donc rencontré le nouveau directeur qui est franco-khmer. Nous avons d’abord refusé la première proposition du CMK après délibération du CA de décembre (Nouvelles Pousses garantit 70% des 8 000$ dus pour que la banque étale la dette des 5 familles) car il y aurait environ 200 familles dans le même cas et nos finances ne nous le permettent pas. Il comprend très bien les difficultés que nous avons et a accepté d’aller la semaine prochaine à Sarikakeo sur le terrain rencontrer quelques familles. Jean-Louis a fait la proposition qu’un salarié de Nouvelles Pousses seconde Touch pour récupérer l’argent très régulièrement auprès des familles endettées, mais sans garantie de durée du fait de la précarité de Nouvelles Pousses comme toute ONG.

 

Pendant ce temps Daniel, Marie-Claude, Maryse et Liliane ont visité le Palais Royal. Je les ai retrouvés au restaurant de l’association « Friends » qui aide les enfants des rues. Puis nous avons fait un tour au marché central pour acheter tee-shirts et pantalons. Jean-Louis est resté avec Maud pour rencontrer le responsable belge de l’association « Cake » qui a commencé une action sur les déchets. Il est en recherche de financements complémentaires auprès du Ministère de l’environnement et d’autres ONG. Nous allons voir comment combiner le projet financé par l’école de la Chataigneraie (nous venons de recevoir un message de Pénélope nous indiquant que ce projet est accepté) avec Cake.

 

Mercredi 18 janvier

 

Jean-Louis est allé travailler avec Maud sur les puits. Seulement 4 sur 16 fonctionnent. Heureusement le réseau d’eau de Phnom Penh arrive dans le secteur.

 

Nos copains ont parcouru le « Jardin du souvenir », dans le village de Cheun Ek, au sud de Phnom Penh, lieu d’exécution de milliers de khmers par les khmers rouges de 1975 à 1979.

 

 

Jeudi 19 janvier

 

Nous avons tous assisté à une réunion de sensibilisation au brossage des dents et au lavage des mains avec exercices pratiques. Cela s’est passé dans une maison avec 12 enfants du primaire. L’explication s’est faite à partir d’une grosse mâchoire. Au début, le premier enfant a dit qu’il faut se brosser les dents 3 fois par jour avant le repas et tous les autres ont répété la même chose. A la fin, Thibaut et Touch ont distribué une brosse à dents et un tube de dentifrice à chaque enfant. Ils organisent environ 2 séances de sensibilisation par mois en changeant de lieu chaque fois. Nous avons assez de matériel de brossage des dents pour 2017 pour les maternelles et la sensibilisation. Ensuite nous avons marché au bord des rizières et des plantations de lotus et vu une fabrication de nattes. Puis visite de la station d’eau potable et du centre de santé. Une sage-femme nous a demandé l’agrandissement de la salle d’accouchement parce que les dames qui attendent ont peur en entendant celles qui accouchent pleurer.

 

Au retour, nous avons pris les billets de nos copains pour le départ à Siem Reap de nuit. Ils partent le soir-même à 22h dans un bus avec couchettes et arrivent vers 5h30 le matin. Un touk-touk les conduira à leur hôtel pour leur séjour de visites des temples d’Angkor. C’est le même hôtel où nos copines sont allées l’an dernier et le patron nous a parlé d’Yvonne Robinet au téléphone. Leur guide francophone est réservé ainsi que leur transport. Ils rentreront dimanche ou lundi. Ils auront la grande chambre (suite) pour 4 personnes (les parents et deux enfants !).

 

Vendredi 20 janvier

 

Le matin, Maud et Touch ont rencontré le directeur du CMK. Celui-ci, en définitive et sans doute après consultation de ses supérieurs en France ne peut pas étaler les dettes des 200 familles (sans la caution de Nouvelles Pousses, qui se monterait à une somme entre 200 et 400 000 $, peu importante pour une banque, énorme pour nous !) et a, donc, annulé sa visite à Sarikakeo. Il a confirmé le mauvais fonctionnement de son agence locale.

 

L’après-midi, à la réunion à Taskor, avec les 4 institutrices, nous étions Anne-Marie, Touch, Maud et moi. Les 2 anciennes ont donné leurs comptes (2,5 $ par famille) et les 2 nouvelles ont eu les informations et le contrat à signer après l’avoir lu. Après nous sommes allés à l’agence locale du CMK et nous avons ouvert le compte des 2 nouvelles (en plus chaque salarié de Nouvelles Pousses reçoit chaque mois sur un compte bloqué, 10% de son salaire ; ceci permet de compenser l’absence de caisse de retraite au Cambodge). Ensuite nous avons rencontré Savon qui a été renvoyée parce qu’elle faisait une tontine dans sa classe. Elle nous a rendu l’argent des familles (environ 48 $) et un chemisier. Sineut avait permis aux institutrices d’acheter à chaque rentrée scolaire 2 uniformes avec l’argent des familles. Nous allons arrêter cette habitude. Puis nous avons vu Srey Lea, l’autre institutrice renvoyée qui a rendu 30 $. Il semble que Savon ait récupéré l’argent des tontines et roulé les autres femmes qui y participaient. Elle a un magasin qui lui permet de vivre correctement. Nous leur donneront l’argent de leur compte bloqué.

 

Cette année le nouvel an chinois est le 28 janvier et nous appréhendons la musique à fond dans notre rue.

 

                                                                                       Marie-Laure, rédactrice en chef

 

                                                                                    Jean-Louis, relecture et mise en page