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L' agenda

  • Le samedi 1er octobre de 9 h 30 à 12 h 30 Conseil d'Administration Nouvelles Pousses , salle Saint Augustin rue Auguste  Ravier à Morestel
 
 

Les dernières nouvelles du Cambodge

Aventure

 

au Cambodge du 8 janvier au 6 mars 2016

 

Introduction

 

Notre séjour de 8 semaines au Cambodge a été accompagné pendant 3 semaines par 4 Iséroises membres de l'association : Françoise Boisson (déjà venue il y a 6 ans), Yvonne Robinet, Marina Faure dont le mari a été trésorier de Nouvelles Pousses et sa sœur Marie-Cécile Tavernier. Nous sommes toujours étonnés des transformations de Phnom Penh. Après la construction de 3 grands échangeurs dans la ville pour faciliter la circulation, les travaux de rénovation des égouts provoquent de nombreux embouteillages, bientôt les lignes électriques inextricables seront enfouies le long des grands boulevards, de plus les policiers font des barrages sur la moitié de la chaussée pour coincer les contrevenants qui ne peuvent plus se sauver comme les années précédentes (absence de casque pour touk touk et motos, manque de ceinture de sécurité à l'avant pour les voitures). Autre étonnement : la multiplication des salles de body building et des magasins de vélos d'appartement.

 

Nous avons pu voir les écoles, participer aux visites médicales des 2 secteurs et des maternelles, rencontrer des familles, faire le tour d'une partie des toilettes-douches et des classes restaurées récemment, apporter un goûter aux enfants du foyer « Enfants d'Asie » et voir les difficultés de fonctionnement de la station d'eau potable et du CET.

 

 

Education

Pour Nouvelles Pousses, l’objectif est « l’aide à l’enfance cambodgienne en difficulté ». La scolarisation des enfants les plus pauvres est donc l’action prioritaire menée dans nos 2 zones d’intervention. Les familles en grande difficulté financière reçoivent une bourse mensuelle de 10 à 20 dollars pour envoyer leurs enfants à l’école. Touch, notre permanent, donne l'argent aux familles et veille à l’assiduité scolaire. Au total 63 familles reçoivent cette bourse. De plus, à chaque rentrée scolaire d’octobre nous fournissons deux uniformes et quelques fournitures de matériel scolaire. Quand l’enfant arrive au collège, plus éloigné que l’école primaire, nous achetons un vélo. Après le brevet, beaucoup de jeunes arrêtent leur scolarité pour travailler et aider financièrement leurs parents. Les garçons se retrouvent sans aucune qualification dans les chantiers de maçonnerie très nombreux à Phnom Penh et en banlieue et les filles (plus rarement les garçons) s’inscrivent dans les usines (souvent de textile ou de chaussures) qui les exploitent. Nous proposons à tous les jeunes des familles aidées par Nouvelles Pousses des formations professionnelles qualifiantes dans des centres que nous connaissons. Mais, seulement quelques-uns acceptent. Actuellement, 7 jeunes sont en formation : 2 à PSE (Pour un Sourire d'Enfant), Srey Net et son frère, 2 filles en restauration, 2 filles en administration et comptabilité et un garçon en cuisine à Don Bosco de Kompong Som.

 

Nous rémunérons 4 institutrices de maternelle dans le district de Lvea Em. Elles sont convoquées par la responsable pédagogique du district de Kandal à des réunions plusieurs fois par an et Anne-Marie contrôle leur présence. Cette année elles ont signé en notre présence un contrat insistant sur les horaires, l'assiduité en classe et aux formations de l'Etat. Nous fournissons chaque jour de classe (5 jours par semaine, congé le jeudi) le lait de soja à tous les enfants de maternelle. Au total, 115 enfants de 4 et 5 ans sont scolarisés en maternelle dans cette zone. Dans l’autre district, 47 enfants de maternelle sont dans l’école de Tean et une cinquantaine dans celle de Préah Puth (les salaires de ces institutrices sont pris en charge par l’Education Nationale). Nous avons restauré une classe de maternelle à Kong Noy, mais il n'y a pas d'institutrice depuis le décès de la première qui a été nommée il y a 2 ans. L'institutrice de Tean devrait être en retraite, mais accepte de continuer et celle de Preah Puth est souvent absente parce qu'elle est veuve avec 5 enfants dont un enfant malade. Les enseignants qui travaillent à mi-temps sont très mal payés et ne veulent pas un poste dans les campagnes. Il faudra augmenter le salaire de nos institutrices parce que l'Etat a augmenté tous ses fonctionnaires.

 

Nous organisons encore un ramassage scolaire pour l'école de Pos Thom.

 

Entre 2008 et 2015, nous avons restauré au total 21 salles de classe pour faire des maternelles, des bibliothèques scolaires ou des classes de primaire avec différents financements. Depuis octobre 2015, 8 nouvelles salles ont été réparées grâce au don de Hewlett Packart, de Philippe Ammeux et de l'entreprise de Singapour « Experian ». Nous avons maintenant terminé de restaurer toute l'école de Taskor en finissant par la salle de réunion et le bureau du directeur. Il y a encore plusieurs classes à réparer à Pos Thom et nous continuerons par le district de Kandal Steung qui a été moins favorisé que celui de Lvea Em. Il faut préciser que le niveau scolaire des campagnes est faible et que toutes les familles qui en ont les moyens mettent leurs enfants dans les écoles privées qui fleurissent partout au Cambodge avec un ramassage scolaire de porte à porte par des minibus.

 

 

La santé

Depuis 6 mois, Camille Gadal, infirmière volontaire, assure les visites médicales et les accompagnements dans les hôpitaux. Elle est aidée par Christian Gerbes, médecin de Nouvelle Calédonie, qui vient plusieurs fois par an au Cambodge et fait les visites médicales avec elle dans les 2 zones où intervient Nouvelles Pousses. Christian pense s'installer définitivement au Cambodge car il a vendu son cabinet à Nouméa.

 

Ces consultations permettent de traiter toutes les affections broncho-pulmonaires et les angines des jeunes enfants (prévention de problèmes cardiaques plus tard) et d’identifier les maladies des adultes qui nécessitent une intervention chirurgicale ou un traitement. Généralement, il y a peu de problèmes sérieux. Quand il faut une hospitalisation, Camille fait toutes les démarches avec la personne malade et le suivi. Récemment un homme de 59 ans devait être opéré d'un cancer de la base de la langue, mais sa famille a refusé le traitement de chimiothérapie après le premier traitement où il a fait un malaise.

 

Il y a aussi des visites médicales dans chaque maternelle.

 

Des consultations spécialisées pour les personnes diabétiques, cardiaques et celles atteintes d’hypertension ont lieu une fois par mois dans chaque zone (4 diabétiques et 17 cardiaques à Lvea Em ; aucun diabétique et 14 cardiaques à Kandal Steung). Les malades reçoivent leur traitement et versent 5 $ de participation (certains prennent totalement en charge leur traitement). Des laboratoires spécialisés pour l’hypertension ont donné un stock de médicaments à Christian et cela économise l’achat de médicaments pour la tension assez chers. Seulement quelques cardiaques (actuellement 2) avec de grosses pathologies ont des rendez-vous à l’hôpital Calmette en cardiologie où Camille les accompagne. La petite maternité de 2 pièces du centre de santé de Taskor créée il y a 2 ans continue de recevoir beaucoup de futures mamans. Ce bâtiment permet aux nouvelles accouchées de rester allongées en surveillance post natale si besoin. Cette année il y a eu 27 accouchements en janvier.

 

Le compte COC (Cœur Ouvert Cambodge), alimenté par plusieurs sources, dont François Ponchaud, permet de faire face à des opérations du cœur très onéreuses. Deux personnes ont été opérées en janvier et une en février. Nouvelles Pousses verse 50 $ par mois pour alimenter ce compte.

 

 

Les prêts et l’épargne

Touch s’occupe des micro-crédits et de leurs remboursements, mais il y en a très peu maintenant. Il fait essentiellement des prêts avec épargne et essaie de savoir si les nouveaux demandeurs n’ont pas déjà un prêt avec une autre banque. Depuis qu’une succursale de la banque (CMK : Crédit Mutuel Kampuchea) est installée à Sarikakéo, les personnes qui avaient un livret d’épargne ne vont plus d’elles-mêmes porter de l’argent. Nous avons appris que des personnes qui voudraient acheter un bidon d'eau ne peuvent payer la caution qui est maintenant de 7,5$ alors que nous en avions fait une centaine il y a quelques années. Il est prévu de recommencer à faire de petits prêts cette année.

Approvisionnement en eau potable et toilettes - douches.

Fin 2015, Tanguy, volontaire a fait une mission de deux semaines pour faire le point sur l'ensemble des problèmes liés à l'eau : station de production d'eau potable de Taskor, puits forages de Kandal Steung et projet des toilettes douches pour les plus pauvres. Ses conclusions nous ont été fort utiles pour faire un nouveau point. Nous avons pu appuyer ses recommandations.

Toutes ces dernières années, la gestion de l'unité de production d'eau potable de Taskor a été assez chaotique : bien gérée au début, puis suite au départ de la jeune qui faisait tourner la station, plusieurs personnes s'en sont occupées avec plus ou moins de vaillance. En fin d'année, la station ne livrait plus à domicile et ne fonctionnait qu'un jour sur deux. Lors de la réunion avec les autorités, nous avons appris que la municipalité s'était (enfin) réellement décidée à reprendre les choses en main. Les élus qui en sont responsables sont parmi les plus dynamiques (1er adjoint et sous-directeur de l'école primaire). Ils ont recruté un nouveau responsable qui travaille avec sa famille. Ils envisagent (enfin aussi) de faire des dépôts vente chez des commerçants. On peut donc espérer que la station va tourner. Les élus ont maintenant pris conscience que l'eau distribuée par un réseau privé n'était pas potable et qu'il leur fallait mieux sensibiliser la population de la commune à la nécessité soit de la faire bouillir, soit de consommer l'eau de la station (moins onéreuse car faire bouillir l'eau coûte cher).

Pour les puits forages de Kandal Steung, les recommandations de Tanguy seront mises en œuvre dès que possible, en fait quand Touch sera moins pris par le projet « toilettes douches » en cours à Sarikakéo.

Ce projet destiné à équiper les familles les plus pauvres de la zone de Sarikakéo a été possible suite à un don des Rotary de Sarrebourg et de Phnom Penh à l'association Développement Rural au Cambodge animée par Michel Rémillon et Philippe Ammeux. Cette association a sous-traité à Nouvelles Pousses la construction des toilettes douches dans la zone de Sarikakéo (sous la supervision de Philippe Ammeux). Actuellement 120 toilettes douches ont déjà été construites, 25 sont en cours et 55 autres sont prévues, au total 200 familles pourront disposer de toilettes à domicile (et ne plus aller faire leurs besoins dans la nature) et se laver en toute intimité. Le montant total donné par DRC sera de $24 400. Les matériaux sont donnés aux familles et elles doivent fournir la main d'oeuvre. Pour certaines familles, très vulnérables (femmes seules), Nouvelles Pousses a payé la majeure partie de la main d'oeuvre. Tanguy a constaté que sur les 96 toilettes douches réalisées lors de sa  mission, 30 n'avaient pas de clôtures ni de couvertures (non prévus dans le financement). Touch a fait un devis pour l'utilisation de tôles et devra proposer à chaque famille un prêt sans intérêt pour que ces toilettes soient utilisables. (certains ont commencé un muret en briques, Touch verra le montant nécessaire pour finir le travail).

Suite aussi à la mission de Tanguy, nous avons demandé à Touch de compléter le dispositif par une récupération des eaux de la douche dans une petite buse fermée et remplie avec un sac de graviers, ceci afin d'éviter que l'exutoire soit un nid à moustiques. Le montant est de $22,75 en matériaux, la main d'œuvre étant de $5 à la charge du bénéficiaire. Avec les $1 347 de dons actuellement recueillis en plus du financement de DRC, nous pouvons donc équiper 60 douches. Nous devrons encore trouver $3 200 pour l'ensemble. Peut-être que les dons d'Experian pourront nous aider. Par ailleurs, maintenant que l'ensemble des familles pauvres de la zone de Sarikakéo va être équipé, nous allons devoir monter un projet similaire pour les familles pauvres de la zone de Kandal Steung. Il faut souligner que ce projet occupe beaucoup du temps de notre permanent Touch. Il faut sans doute envisager un appui pour qu'il puisse aussi se consacrer à ses autres tâches (suivi des familles, prêts, etc.).

 

 

Les permanents

 

Anne-Marie, responsable de Nouvelles Pousses au Cambodge, s'occupe du fichier des familles et des malades, fait les comptes mensuels, participe aux visites médicales et met en application les décisions du conseil d'administration. Elle gère également le compte pour les opérations du cœur. Pour chaque nouvelle opération, elle rencontre le malade, fait un dossier sur sa situation et envoie la demande d’aide financière en France à « Cœur Ouvert Cambodge ». Elle est remise de son accident de décembre 2014 à l'épaule droite en raison d'une chute de moto, mais elle souffre des cahots quand elle va en touk touk dans la campagne.

 

Touch, notre assistant social, connaît très bien toutes les familles en difficulté, en trouve parfois de nouvelles, distribue mensuellement les bourses d’études, suit de près les familles de situations les plus précaires, récupère les quelques remboursements des prêts, organise toutes les visites médicales, surveille les chantiers, rencontre les autorités locales, etc.. Il a pu faire construire plus de 120 toilettes-douches en 2015 et continue en 2016 jusqu'à 200.

 

Camille, infirmière volontaire pour un an au Cambodge assure toutes les visites médicales et le suivi des malades dans les hôpitaux ou au domicile. Elle a été mise au courant par Ombeline qui est restée 2 années. Son travail correspond pratiquement à celui d’un médecin car elle doit faire des diagnostics et prescrire les médicaments. Elle est en lien avec Christian Gerbes pour les problèmes médicaux compliqués. D’autre part, elle poursuit dans 5 maternelles le brossage des dents commencé au printemps 2015 dans une seule classe de maternelle et va faire des réunions de sensibilisation à l'hygiène.

 

Christian Gerbes, médecin en Nouvelle Calédonie vient plusieurs fois par an aider aux diverses consultations de Nouvelles Pousses pense venir s’installer définitivement au Cambodge en mai 2016. Il est très précieux pour les cas de maladies graves, heureusement rares.

 

Un grand merci à tous les quatre pour toute leur aide qui permet à Nouvelles Pousses de continuer à s’occuper efficacement des enfants les plus pauvres et de leur famille.

 

 

Conclusion

 

Comme chaque année nous avons pu faire le constat des activités de Nouvelles Pousses qui fonctionnent et celles qui posent problème. Pour l'éducation, les institutrices de maternelle assurent leur enseignement et préparent les enfants à la lecture. Mais une des bibliothèques scolaires que nous avons équipée a été mangée par les termites à Kandal Steung. Le CET a un nouveau bonze responsable et motivé et il faut l'aider en lui permettant de faire une petite formation. Pour la santé, les visites médicales se déroulent régulièrement et Camille est très bien organisée. Seul problème, toutes les fiches des malades devront être informatisées pour éviter le transport de plusieurs classeurs lourds et encombrants en plus des caisses de médicaments lors des visites médicales. La station de production d'eau potable a une nouvelle famille employée très récemment et nous espérons qu'elle deviendra rentable. Pas de changement pour les puits dont une partie ne produit plus d'eau en saison sèche, mais environ 145 toilettes-douches ont été construites et une cinquantaine d'autres vont suivre.

 

Evidemment si Nouvelles Pousses prenait en charge le CET et la station d'eau potable, les résultats seraient meilleurs, mais c'est à la municipalité de Sarikakeo de les faire fonctionner et nous avons toujours essayé d'éviter de faire de l'assistanat. De plus nous sommes conscients qu'une association n'est pas pérenne. Alors notre présence annuelle se veut plutôt un stimulant pour les chefs de village et le conseil municipal, ainsi que les directeurs des écoles et leurs enseignants et une rencontre amicale avec beaucoup de familles. Ce séjour fait le point sur les difficultés et permet parfois d'y remédier.